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ADAYG
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Histoire de l'agriculture
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Placées au cœur de riches bassins sédimentaires, les grandes villes comme Paris ou Toulouse ont bâti leurs fortunes urbaines sur leurs richesses agraires, qui financent l'essor du commerce et de l'industrie. Par contre, le développement de Grenoble a longtemps été entravé par l'étroitesse et la pauvreté relative de son arrière-pays.
Première étape : 1890/1945
Les massifs de Chartreuse, du Vercors et de Belledonne enserrent les vallées étroites du Drac et de l'Isère, régulièrement dévastées par les inondations qui cantonnent l'habitat sur les cônes de déjection. La société urbaine et l'urbanisation sont cantonnées dans la ville centre et ses nouveaux quartiers, dans les nouvelles bourgades industrielles et dans les bourgs traditionnels du Voironnais ou du Haut-Grésivaudan.
L'arrière-pays est rural. Le système de la polyculture élevage façonne cette société. Les besoins du travail paysan modèlent le visage de l'artisanat, du commerce et de l'habitat local. Ceci changera peu jusqu'en 1945.
Au début du siècle, l'agriculture est omniprésente dans l'arrière-pays, cette agriculture est pauvre et se limite à l'autosubsistance. La ville achète aux paysans locaux, les cultures industrielles (chanvre, betterave à sucre, soie), le vin, le lait, les fruits et légumes frais.
A cette époque, trois grands types d'agriculture correspondent à trois espaces principaux :
* Le maraîchage grenoblois : dans Grenoble Ville, ces "véritables maraîchers" de l'Île Verte, de Bajatière et de Malherbe exploitent intensivement environ un hectare de légumes (50 hectares sur Grenoble en 1929), qu'ils commercialisent sur les marchés de gros ou sur les marchés de détail. A Fontaine, Echirolles et St-Martin d'Hères, maraîchers et polyculteurs complètent la production de cette petite ceinture verte.
* La polyculture élevage des coteaux : localisées au pied des trois massifs et dans les collines du Voironnais, ces fermes élèvent quelques vaches, cultivent malgré les crues quelques céréales en plaine pour le bétail associées aux cultures industrielles (chanvre, betterave, tabac), mais produisent surtout du vin (5 310 hectares de vigne en 1929) et des fruits (noix comprises).
* La polyculture élevage de montagne : si la plaine est pauvre et délaissée, la montagne est riche et jardinée. Le lait de Belledonne, des Petites Roches, est transformé sur place par les fruitières locales. Les fruitières privées et les négociants grenoblois collectent le lait des coteaux et celui des proches balcons montagnards. Là, comme à St-Martin le Vinoux ou à Quaix, les exploitants cultivent la vigne, élèvent poules et lapins et sont les vendeurs habituels du marché du Cours St-André (aujourd'hui l'Estacade).
Le paysage rural grenoblois de ce début de siècle est bien caractéristique : la forêt montagnarde comme la forêt riveraine sont réduites à la portion congrue ; les herbages de montagne et les coteaux viticoles et fruitiers concentrent la richesse agricole, la plaine est partagée entre les secteurs céréaliers les moins inondés et les vernes et bauches qui ont colonisé les terres les plus marécageuses.
Deuxième étape : 1945/1970
Les "trente glorieuses" : la concentration et la modernisation industrielle et agricole provoquent l'essor de la consommation de masse et l'expansion de l'urbanisation qui allaient profondément bouleverser les rapports entre Grenoble et ses campagnes.
Société urbaine et société rurale
Grâce aux financements du plan Marshall et à l'utilisation de la technologie américaine, la région grenobloise s'affranchit des contraintes majeures de son site par l'endiguement du Drac et de l'Isère et l'assainissement de la plaine, la création du réseau des chantournes. L'urbanisation comme l'agriculture en profitent. En moins de trente ans, Grenoble, va devenir une agglomération industrielle prestigieuse : plusieurs plans d'urbanisme précéderont l'élaboration du SDAU, approuvé en 1973.
Cette urbanisation massive rejette les maraîchers de Grenoble intra muros dans les communes de la première couronne et de la future deuxième couronne. Alors que la ville accueille de plus en plus de consommateurs, les agriculteurs vont de moins en moins produire pour le marché local.
La création d'une agriculture excentrée
Cette nouvelle agriculture grenobloise sera le résultat des nouvelles possibilités offertes par la mécanisation et l'assainissement de l'Isère, et d'un nouveau projet paysan, le "projet moderniste".
Après guerre, les responsables paysans, issus de la Jeunesse Agricole Chrétienne firent le pari d'une agriculture rénovée. Ils jouèrent la carte de la formation, de la vulgarisation technique, de l'investissement et organisèrent les deux principales filières iséroises, le lait et les céréales. La modernisation des exploitations devait combler, selon eux, le fossé entre les conditions de vie des agriculteurs et des autres groupes sociaux.
Le bassin grenoblois fut le secteur pilote de l'organisation paysanne. En 1951, Albert GENIN et 150 éleveurs fondèrent DAUPHILAIT, première coopérative laitière du département. Maîtrisant dorénavant la production, la transformation et la commercialisation, les agriculteurs se lancèrent dans l'aventure industrielle. Parallèlement, ils créèrent la Coopérative d'Utilisation de matériel Agricole de Romanche-Isère, afin d'acheter et d'utiliser en commun les tracteurs et les moissonneuses-batteuses. Prenant la direction de la FDSEA en 1957 et de la Chambre d'Agriculture en 1958, Albert GENIN et les agriculteurs modernistes organisent, sur ce modèle, l'ensemble de l'agriculture iséroise.
Dans la région grenobloise, l'assainissement de la plaine de l'Isère a accentué le processus. En vingt ans, les polyculteurs des coteaux devinrent céréaliers sur les excellentes terres limoneuses de la plaine. Il faut dire que la crise des cours du vin, l'instauration des primes nationales d'arrachage, les orientations préjudiciables des coopératives locales se conjuguèrent avec le travail plus aisé de la culture du maïs pour marginaliser la viticulture (5 310 ha en 1929 contre 907 ha en 1970). L'urbanisation des coteaux viticoles de l'agglomération fit le reste.
Ces trente années créèrent donc une agriculture excentrée, différenciée selon le degré de modernisation atteint et la proximité des franges urbaines. Comme la spécialisation l'emporta, trois nouveaux types dominants de systèmes de production émergèrent :
* Le maraîchage de la première couronne, * Les céréaliers de la plaine,
* Les éleveurs laitiers du Voironnais et de la montagne.
Ce modèle de développement agricole, classique contenait en lui-même les germes de la crise des années quatre-vingts. Cette agriculture excentrée sera fragile face aux crises de surproduction et à la chute des cours nationaux puis européens. En délaissant les coteaux (la vente des parcelles à bâtir finança en partie l'assainissement de la plaine), l'agriculture grenobloise allait ouvrir une voie royale à la périurbanisation.
Troisième étape :
De 1970 à nos jours, lagriculture périurbaine
La pression urbaine et les espaces naturels
En vingt ans de 1970 à 1990, le développement urbain a consommé 5 900 hectares pour les logements et 1 295 hectares pour les activités économiques, soit un total de 7 195 hectares pris sur les espaces agricoles, surtout forestiers et naturels.
Rappelons que cela correspond aux règles du SDAU de 1973 mais pour une augmentation de population deux fois moindre. Le développement de l'habitat pavillonnaire a donc consommé beaucoup plus d'espaces naturels que prévu.
La préservation des espaces naturels a été inégale selon les secteurs :
* Dans l'agglomération, à quelques détails près, on peut dire que le SDAU a bien fonctionné, assurant une bonne préservation des franges vertes et des plaines agricoles restantes
* Dans les secteurs extérieurs, les distorsions que montre l'examen des POS actuels sont beaucoup plus nombreuses et importantes. Le SDAU semble souvent avoir été oublié.
"Cette urbanisation est le plus souvent due aux extensions urbaines et surtout économiques dans les meilleures terres agricoles de la plaine, à proximité des grands axes routiers et des échangeurs autoroutiers. Il s'agit là d'atteintes aux conséquences les plus importantes et qui engagent le plus l'avenir à la fois de l'agriculture, de l'environnement et l'organisation générale de la région urbaine." (AURG)
C'est en fait le développement de la Région Urbaine et la crise agricole qui obligent progressivement les exploitations grenobloises à s'adapter aux conditions périurbaines :
* Diversification, * Développement des circuits courts, * Développement de nouvelles fonctions : agro-tourisme, accueil pédagogique, entretien de l'espace.
Il s'agit donc aujourd'hui d'une agriculture en mutation qui cherche à tirer parti des atouts périurbains.
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